mercredi, 01 décembre 2010
Observatoire du Paludisme: tableaux de bord
Prise en charge innovante du paludisme: Chacun portera sa propre charge (Galates 6:5).
Avant-propos…
Indépendamment de ses manifestations cliniques et de ses répercussions médicales, le paludisme se révèle être un appel au sursaut et une exhortation perpétuelle. Ce qui en fait par excellence, non seulement une incitation au soupçon d’autre chose, mais également une invitation à l’esprit critique.
Pour ainsi dire, le paludisme s’impose comme baromètre des pressions environnementales et socio-économiques auxquelles les populations sont exposées. En réponse à cet état de fait, observable et vérifiable sur le terrain, nous sommes comme conviés à adopter des approches adaptées de prise en charge. S’inscrit dans cette perspective, entre autres alternatives, le projet d’Observatoire du Paludisme, initiative dont l’ambition et la vocation sont de doter le Congo-Brazzaville, mon pays d’origine, d’une Autorité de planification, de gestion, de coordination et d’évaluation – cf. Malaria Funding Requirements (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2010).
A l’origine du projet d’Observatoire du Paludisme, émerge une plate-forme d’analyse et de réflexion. D’où prend corps - sous forme de plate-forme alternative, évolutive et interactive – un modèle de travail collaboratif et participatif, au service du renforcement des capacités (Capacity Building) et des capacités de renforcement (Building Capacity), le tout ciblé sur une réponse multisectorielle – cf. Malaria: Spotlight on a Development Challenge (Michel ODIKA, Nature Review, London, 2010).
Tout compte fait, le projet d’Observatoire du Paludisme se propose d’être une avancée déterminante et significative en matière de:
- collaboration et participation des acteurs ;
- coordination et intégration des activités ;
- anticipation et innovation en temps réel ;
- efficacité et rentabilité des stratégies de lutte ;
- consolidation de la souveraineté sanitaire du Congo-Brazzaville, face à ce qui reste un enjeu de gouvernance, de leadership et de géopolitique.
Arrêts sur images, tableaux à l’appui…
Arrêts sur images, le temps d’un décryptage aux allures de toilettage…
Tableau I. Observatoire du Paludisme: postulat de départ.
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Plate-forme d’analyse et de réflexion
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Plate-forme alternative, évolutive et interactive
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Plate-forme collaborative et participative |
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Réponse multisectorielle Approche multidimensionnelle
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Autorité de planification, de gestion, de coordination et d’évaluation de la prise en charge du paludisme
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Tableau II. Observatoire du Paludisme: dynamique de développement et de progrès en temps réel.
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OPTIONS
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PERSPECTIVES |
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Gestion collaborative et participative des ressources
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Intégration et cohésion sociales |
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Gestion globale et intégrée de la politique d’assainissement
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Sécurité et responsabilité environnementales |
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Réduction à moindre coût des ratios de mortalité et des hospitalisations
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Maîtrise budgétaire et financière |
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Gestion sécuritaire de la politique sanitaire du Congo-Brazzaville
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Souveraineté et sécurité sanitaires |
Tableau IIIa. Observatoire du Paludisme: modèle innovant de gouvernance et de leadership
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GOUVERNANCE
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LEADERSHIP |
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Gestion du capital physique Ressources Infrastructures Revenus Renforcement des capacités (Capacity Building) |
Gestion du capital immatériel Savoir & Connaissances Information & Communication Temps Capacités de renforcement (Building Capacity)
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Tableau IIIb. Gouvernance et leadership: champs d’action et d’intervention.
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GOUVERNANCE
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LEADERSHIP |
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Gestion en temps réel des ressources - Inventaire et traçabilité - Mobilisation et valorisation - Gestion optimisée et sécurisée - Distribution et redistribution équitables |
Gestion préventive et prévisionnelle du capital immatériel - Analyse et expertise - Evaluation et réflexion - Mise en perspective et questionnement - Anticipation et innovation
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Tableau IV. Observatoire du Paludisme: projet en phase avec les Objectifs de Développement du Millénaire (New York, Septembre 2000).
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Objectif I
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Réduction de la pauvreté |
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Objectif IV
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Réduction de la mortalité infantile |
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Objectif V
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Santé maternelle et infantile |
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Objectif VI
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Lutte contre le paludisme (en complément du VIH/SIDA et de la tuberculose)
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Objectif VII
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Sécurité et responsabilité environnementale |
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Objectif VIII
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Partenariats pour le développement |
Pour le reste: Le plus grand défi consiste, non pas à développer de nouvelles idées, mais plutôt à s’affranchir des anciennes, d’après l’économiste et mathématicien John KEYNES.
Références à consulter:
1. Observatoire du Paludisme: enjeu de sécurité nationale et de cohésion sociale
2. Paludisme: dramaturgie médicale d’une tragédie environnementale
19:43 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paludisme, observatoire du paludisme, gouvernance du paludisme, leadership en matière de paludisme
lundi, 06 septembre 2010
SIDA: incitation et invitation à l'esprit critique
Combats le bon combat (1 Timothée 6:12).
Tendons à la perfection (2 Corinthiens 13:11).
Avant-propos et mise en garde. Indépendamment des barrières géographiques, le VIH/SIDA demeure, non seulement un enjeu mondial, mais également un défi global. Autrement dit, une question complexe, dont la prise en charge est censée intégrer et coordonner, dans la cohérence d’une vision d’ensemble, des approches multidimensionnelles et des réponses multisectorielles…
Plate-forme d’analyses et de réflexions. Au-delà de ses aspects médicaux et cliniques, le VIH/SIDA a ceci d'intéressant et de fascinant qu'il soulève toujours une question de fond, postulat de base dont la thématique relève, selon les cas, soit d'une problématique de santé publique (dépistage, prévention, soins), soit d'une problématique de développement durable et équitable (disparités et inégalités dans l'accès aux richesses). Phénomène mondialisé au point d'être devenu un enjeu géopolitique (options et orientations de la recherche) et géostratégique (contrôle du marché des antiretroviraux), l'épidémie reflète également un profil de gouvernance, autrement dit le mode de gestion des ressources et des infrastructures disponibles, ainsi que - cela va de soi - le mode de distribution et de redistribution des revenus.
Par ailleurs, la dynamique de la maladie s'inscrit dans un contexte global (épidémiologique et démographique, sociologique et économique, politique et historique). De ce point de vue, le VIH/SIDA illustre fidèlement les réalités et spécificités d'un pays, notamment ses déséquilibres et dysfonctionnements. Ce qui en fait un indicateur assez fiable de la fragilité, ainsi que de la solidité, des politiques, systèmes et services de santé à travers le monde...
Mise au point inaugurale: les "arrêts sur images" dont il est ici question n'ont pas vocation - loin s'en faut - à se figer en... "clichés". Dans la foulée, un constat aux allures de fait à épingler: de nos jours, le VIH/SIDA fait l'objet d'analyses et de réflexions certes valides, mais pas toujours pertinentes. Lorsqu'il ne s'agit pas d'analyses et de réflexions certes pertinentes, mais pas toujours valides. D'où la nécessité, cruciale et salutaire, de repenser, si ce n'est de dépoussiérer, certaines appréciations et perceptions actuellement en vigueur - pour ne pas dire "actuellement à l'ordre du jour"... Comment? En abordant désormais les questions de fond sous deux angles indissociables et interdépendants: la gouvernance et la géopolitique.
Bref arrêt sur images. Autant la gouvernance correspond à un ensemble de critères discriminants et structurants des différents profils épidémiologiques sévissant ça et là, autant la géopolitique, de son côté, intègre et coordonne des forces, tant régulatrices que destabilisatrices, opérant à une échelle globale et mondiale (2,4). Fermons la parenthèse...
Postulat de base. Au départ, la gouvernance et la géopolitique, deux optiques complémentaires et convergentes, s'influencent mutuellement, tout en déterminant, conjointement, les profils épidémiologiques et démographiques, mais aussi sociologiques et économiques, ainsi que politiques et historiques du VIH/SIDA. De leur côté, les profils à l'oeuvre, en leur qualité de facteurs indissociables et interdépendants, soulèvent toujours des questions de fond, d'où se dégagent des dispositifs à réajuster qui, par un processus permanent de retro-contrôle (feed-back), aident, à une échelle globale et mondiale, à reformuler les options et orientations, tant en matière de gouvernance que de géopolitique (Tableau I). Pour être complémentaires et convergentes, toutefois, la gouvernance et la géopolitique ne s'en distinguent pas moins l'une de l'autre, en termes: d'échelle de perception, de dimensions et d'approches, de champs d'action et d'intervention, ainsi que d'enjeux et de perspectives (Tableau II).
Tableau I. Gouvernance et géopolitique du SIDA: synthèse.
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Géopolitique | ||
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Profils épidémiologiques
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Profils démographiques |
Profils sociologiques et économiques |
Profils politiques et historiques |
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Questions de fond Enjeu de santé publique Défi de santé publique Problème de santé publique Enjeu de développement Problème de développement Défi au développement
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Dispositifs à réajuster Stratégies de lutte contre le VIH/SIDA Politique de santé Modèle de développement
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Options et orientations en matière de: Dépistage et prévention (Gouvernance) Soins et traitement (Gouvernance) Recherche et développement (Géopolitique) Gestion des systèmes d’information (Géopolitique)
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Tableau II. Synthèse récapitulative des éléments comparatifs et distinctifs.
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Optique
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Gouvernance |
Géopolitique |
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Echelle de perception
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Globale et loco-régionale |
Globale et mondiale |
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Dimensions et approches |
- Individualisée et personnalisée - Sanitaire et médicale - Environnementale et socio-culturelle - Ethique et politique |
- Scientifique et économique - Commerciale et industrielle - Financière et boursière - Géopolitique et géostratégique
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Champs d’action et d’intervention |
- Dépistage et prévention - Soins et traitement - Programmes et projets - Citoyenneté (protection et promotion) |
- Recherche et développement - Renforcement des capacités (capacity building) et capacités de renforcement (building capacity) - Systèmes d’information - Leadership (sens de l’anticipation et de l’innovation)
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Enjeux et perspectives |
- Santé publique - Sécurité et responsabilité environnementales - Intégration et cohésion sociales - Développement durable et équitable (9) |
- Indépendance et souveraineté - Paix et stabilité - Distribution et redistribution des cartes - Progrès à l’échelle planétaire |
Cartographie globale et mondiale du SIDA.
Tableau III. 1% de prévalence: seuil critique de tous les enjeux et défis
(10 critères-clés à retenir).
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Prévalence
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< 1% |
1% et plus |
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Profils épidémiologiques et démographiques
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et historiques
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Tableau IV. Prévalence autour de 1% : zone de redistribution géopolitique et
géostratégique des cartes.
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Tranches de prévalence |
0,5 – 0,9% Epidémies à prédominance concentrée
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1 – 1,4% Epidémies mixtes |
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Pays concernés
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Etats-Unis (0,6%) Inde (0,9%) Brésil (0,5%)
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Russie (1,1%) Ukraine (1,4%) Thaïlande (1,4%) |
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Caractéristiques |
Pays dont les ambitions géopolitiques et géostratégiques sont les plus affirmées (1): - Recherche et développement (Etats-Unis) - Production des médicaments génériques (Inde et Brésil)
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Redistribution permanente et violente des ressources et revenus (processus plutôt inéquitable) |
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Pays où les retombées de la mondialisation et de la globalisation sont les plus visibles…
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Tableau V. Prévalences extrêmes au-dessous du seuil critique de 1%.
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Tranches de prévalence
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< 0,1% Epidémies concentrées
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0,5 – 0,9% Epidémies à prédominance concentrée |
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Pays concernés
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Japon Corée du Sud |
Etats-Unis (0,6%) Inde (0,9%) Brésil (0,5%)
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Caractéristiques
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Sociétés stables et économies solides
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Sociétés et économies en perpétuelle mutation (processus sous contrôle)
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Adaptations les plus harmonieuses à la mondialisation et à la globalisation
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Adaptations les plus contrastées à la mondialisation et à la globalisation
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Tableau VI. Prévalences extrêmes à partir du seuil critique de 1%.
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Tranches de prévalence
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1 – 1,4% Epidémies mixtes
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10% et plus Epidémies généralisées |
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Pays concernés
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Russie (1,1%) Ukraine (1,4%) Thaïlande (1,4%)
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Afrique du Sud (18,8%) Namibie (19,6%) Swaziland (33,4%) |
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Caractéristiques
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Sociétés et économies en phase de mutation accélérée et de transition brutale
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- Intégration et cohésion sociales sous extrême tension - Importantes disparités et inégalités de revenus
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Adaptations les plus violentes à la mondialisation et à la globalisation
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Regards croisés et mise en perspective. Réductrices et simplificatrices, pour ne pas encore dire "simplistes", les notions pour le moins étriquées "d'épidémies concentrées" et "d'épidémies généralisées", applicables au VIH/SIDA, correspondent de facto à des réalités plutôt... extrêmes (1,2). En d'autres termes, elles s'avèrent inadaptées, voire inopportunes, lorsqu'il s'agit de restituer la gamme variée et le large éventail des "catégories intermédiaires": en l'occurrence, toutes ces catégories qui, nécessitant une analyse des plus fines et pointues, sont, non seulement les plus nombreuses, mais également - ce qui en fait du reste l'intérêt - les plus complexes et diversifiées...
De ce qui précède, ainsi que je m'en suis déjà expliqué dans un bref article (1), il apparaît que la notion, restrictive, "d'épidémie concentrée" reste valide et représentative d'une certaine réalité jusqu'à un taux de prévalence (ce n'est pas beaucoup) de... 0,4%. De même, la notion "d'épidémie généralisée" devient vraiment pertinente à partir du seuil critique (ce n'est pas une provocation de ma part) de... 5%.
Incitation et invitation à l’esprit critique. Tout compte fait, les deux notions communément admises se révèlent inefficientes à refléter la réalité dans sa diversité et sa complexité entre 0,5 et 5% de prévalence. Ce qui est un peu gênant, à partir du moment où cette (importante) marge correspond, numériquement parlant, à des... millions de personnes porteuses du VIH dans le monde. Ainsi, exemple de nature à invalider certaines analyses actuellement en vigueur: parmi les pays les plus atteints - numériquement et proportionnellement - par l'épidémie, seule l'Afrique du Sud, dont le profil épidémiologique est de type généralisé (ce qui est d'une validité incontestable), n'échappe pas aux insuffisances et aux incohérences d'une classification qui, année après année, n'en finit pas de monter ses limites... De ce point de vue, force est donc de constater, perplexe et quelque peu sceptique, exactement ceci: sont comme passées sous silence au moins le tiers des personnes vivant avec le VIH dans le monde. Manquent ainsi à l'appel, ce qui crée comme un "vide" de nature à inspirer doute et scepticisme, des poids lourds (3) tels que:
- l'Inde (environ 6 millions de personnes atteintes, soit une prévalence de 0,9%);
- les Etats-Unis (environ 1 200 000 personnes, soit 0,6% de prévalence);
- le Congo-Kinshasa (environ 1 million de personnes, soit 3,2% de prévalence);
- la Russie (environ 940 000 personnes, soit 1,1% de prévalence);
- le Brésil (environ 800 000 personnes, soit 0,5% de prévalence);
- Haïti (environ 190 000 personnes, soit 3,8% de prévalence).
Inutile d'allonger davantage la liste ci-dessus: elle est plutôt longue, donc révélatrice à bien des égards des insuffisances et incohérences inhérentes à une classification qui gagnerait - c'est peu dire - à être... repensée. Tel est pour ainsi dire le prix à payer pour que - rappel nécessaire et salutaire - plus du tiers des personnes porteuses du VIH ne restent pas comme tapies dans l'ombre de l'approximation et de l'imprécision, l'enjeu étant de toujours mieux cerner l'épidémie dans ses contours. Pire, les insuffisances et autres incohérences épinglées sont d'autant plus préoccupantes que la marge comprise entre 0,5 et 5% de prévalence se singularise - excusez du peu - par une certaine diversité géographique, tous les continents y étant représentés, et de manière significative...
Autant le rappeler, quitte à le marteler en prenant appui sur des faits probants et édifiants, la classification actuelle en "épidémies concentrées" et en "épidémies généralisées" a comme quelque chose d'arbitraire...
Mise au point qui s'impose: il existe certes des "épidémies concentrées" (5), mais, nuance de taille, il y a aussi, réalités observables et vérifiables sur le terrain, des "épidémies à prédominance concentrée" (6). Ce qui, convenons-en, n'est plus tout à fait la même chose. Loin d'être une simple "clause de style" ou une quelconque "subtilité rhétorique" de nature à alimenter des anecdotes ou à amuser la galerie, une telle nuance renvoie à des profils distincts, et dont les dynamiques internes se différencient, non seulement à une échelle épidémiologique et démographique, mais également à une échelle qui est: tantôt sociologique et économique, tantôt politique et historique. Ainsi, d'après la classification actuelle, la majorité des pays d'Europe de l'Ouest (prévalence de 0,1 à 0,4% inclus) et les Etats-Unis (prévalence de 0,6%) font partie, pêle-mêle, de ce "fourre-tout", vaguement estampillé "épidémies concentrées". Seulement voilà: certaines réalités et spécificités tendent à démentir une conclusion pour le moins "imprudemment hâtive". Et pour cause: entre l'Europe de l'Ouest et les Etats-Unis s'interpose, non seulement l'Océan Atlantique, mais également le seuil critique de... 0,5%, point de rupture à partir duquel les "épidémies concentrées" évoluent significativement, devenant des "épidémies à prédominance concentrée". De quoi parle-t-on?
Une comparaison, fine et pointilleuse, entre l'Europe de l'Ouest et les Etats-Unis permet de constater des différences démographiques, telle que la cohabitation de différentes populations aux Etats-Unis (ce qui n'est pas trop le cas en Europe de l'Ouest). A quoi s'ajoutent des différences socio-économiques, ainsi qu'en attestent des disparités et inégalités plus accentuées aux Etats-Unis, sur la base de critères... ethniques.
Comme en Europe de l'Ouest, les populations à risque - par exemple les toxicomanes, les prostituées, les prisonniers, les homosexuels...) ont, aux Etats-Unis, des problèmes d'accès au dépistage, à la prévention et aux soins. Comme en Europe, ces populations spécifiques demeurent à l'origine d'une proportion importante des nouveaux cas annuels (taux d'incidence) de contamination. Cependant, à la différence de l'Europe de l'Ouest, les Etats-Unis, société multiculturelle, abritent d'importantes minorités ethniques (approximativement 25% de la population du pays) significativement plus exposées, non seulement à des facteurs de risque, mais également à des facteurs de vulnérabilité - ainsi qu'à certains de leurs amplificateurs - pauvreté, insécurité, violence urbaine... - qui les rapprochent de certains pays dits en développement. Ainsi avons-nous bel et bien affaire, ici, non pas à une "épidémie concentrée" en tant que telle, mais plutôt à une "épidémie à prédominance concentrée", c'est-à-dire: une "épidémie concentrée" à l'intérieur de laquelle existent des îlots "d'épidémies généralisées". Ce qui n'est pas encore tout à fait le cas en Europe de l'Ouest. Du moins pas encore à la même échelle qu'aux Etats-Unis, les populations migrantes d'Europe de l'Ouest n'ayant pas encore franchi, et loin s'en faut, le seuil critique de 10% de la population. Rappel: les minorités ethniques, Noirs et Hispaniques, constituent environ... 25% de la population américaine (7).
Ce qui vient d'être dit à propos des Etats-Unis, cohabitation de différentes populations et contrastes susceptibles d'en découler, s'applique également au Brésil (prévalence de 0,5%), pays où cohabitent Blancs, Noirs, Métis et Indiens (chaque groupe représentant une proportion importante de la population du pays). Des situations analogues se reproduisent, quoiqu'à une moindre échelle:
- en Mauritanie (0,7% de prévalence, cohabitation d'Arabes et de Noirs);
- à l'Ile Maurice (0,6% de prévalence, cohabitation de populations africaines et d'une minorité d'origine indienne);
- en Malaisie (0,5% de prévalence, cohabitation de la majorité malaise avec une très importante minorité d'origine chinoise);
- en Inde (0,9% de prévalence, dans un pays dont on ne dira jamais assez qu'il s'agit d'une "mosaïque de populations").
Deux exemples, les cas particuliers de l'Italie (0,5% de prévalence) et de l'Espagne (0,6% de prévalence) tendraient plutôt à mettre en péril la validité des analyses et réflexions développées à l'instant. En réalité, il n'en est rien. Certes, ni l'Italie ni l'Espagne n'abritent différentes populations, leurs populations respectives étant plutôt homogènes d'un point de vue culturel. Toujours est-il que, s'agissant des Etats-Unis (0,6% de prévalence) et du Brésil (0,5% de prévalence), ce n'est pas tant la cohabitation de différentes populations en elle-même qui justifie l'appartenance à la tranche de prévalence de 0,5 à 0,9% inclus (1). En d'autres termes, la cohabitation de différentes populations n'est que le reflet, amplifié, d'un contexte global de disparités et inégalités sous-jacentes. Ainsi, dans le cas de l'Italie comme celui de l'Espagne, les disparités et inégalités, à défaut d'être ethniques, se situent au niveau du développement économique entre les régions de ces deux pays de l'Europe méridionale. Exemple à l'appui: voici déjà assez longtemps que le Nord de l'Italie est significativement plus développé que le Sud sur le plan économique. Et il en va de même, en Espagne, pour la Catalogne, région industrialisée et urbanisée, située au Nord de la Péninsule Ibérique, et économiquement plus développée que le Sud, notamment l'Andalousie, région à vocation agricole et rurale...
Avec 0,4% de prévalence, le Portugal, à la différence de l'Italie et de l'Espagne, se situe dans la même tranche de prévalence que la majorité des pays d'Europe de l'Ouest (0,1 - 0,4%). Il en est ainsi pour une raison essentielle: sans être spécialement riche, le Portugal, à l'instar des pays d'Europe de l'Ouest, n'est pas handicapée, et encore moins pénalisé, par des disparités et inégalités de développement économique, aussi criardes que l'Italie et l'Espagne. Certes, le pays peut être perçu comme étant relativement pauvre. Mais, ici, "pauvreté" rime avec "homogénéité" (8). Alors que "prospérité", aux Etats-Unis et en Italie, peut rimer avec "hétérogénéité", quand cette même "prospérité économique", aux Pays-Bas ou au Danemark, rime surtout avec "homogénéité démographique". Comme quoi, le VIH/SIDA est, et reste, une vitrine des plus transparentes et troublantes des pressions socio-économiques dans un pays donné (1).
Coups de projecteurs sur les "épidémies mixtes". Je grouperai sous le vocable "d'épidémies mixtes", les situations qui correspondent à des taux de prévalence allant de 1 à 1,4%. De manière quasi exclusive, sont représentatifs de cette catégorie des pays en phase de mutation accélérée et de transition brutale. A l'exemple des pays - telles que la Russie (1,1% de prévalence), l'Ukraine (1,4%), l'Estonie (1,3%) et la Moldavie (1,1%) - issus de l'effondrement de l'Union Soviétique: c'était, souvenons-nous en, au début des années 1990...
D'après les classifications actuellement en vigueur, les épidémies sévissant en Russie et en Ukraine, pour nous limiter à ces deux exemples plutôt emblématiques, sont classées dans les catégories des "épidémies concentrées". Toutefois, au regard de certains faits, force est de constater que la réalité est bien plus complexe. D'où la nécessité, cruciale, de nuancer et de relativiser les appréciations...
A vrai dire, les "épidémies mixtes" appartiennent à l'une des nombreuses catégories intermédiaires évoquées au début de l'article, et pour cause: ce ne sont plus tout à fait des "épidémies concentrées" en tant que telles, bien qu'elles en possèdent certaines caractéristiques. Mais, ce qui ajoute à leur complexité et spécificité, ce ne sont pas encore, et loin s'en faut, des "épidémies généralisées", bien que les pics de prévalence observés dans certaines couches de la population, en Russie et en Ukraine, soient parfois comparables à ce qui se voit dans certains pays d'Afrique sub-saharienne et des Caraïbes.
Comme en Europe de l'Ouest, le VIH/SIDA affecte de manière quasi restrictive et sélective, ceci au point de "s'y concentrer", certaines populations marginal(isé)es: toxicomanes, prostituées, homosexuels, prisonniers... Cependant, à la différence de ce qui s'observe en Europe de l'Ouest, la contamination, en Russie et en Ukraine, ne se fait pas nécessairement de manière prédominante dans les limites de ce qui s'apparente à un... "cercle fermé": "entre toxicomanes homosexuels", "entre toxicomanes échangeurs de seringues et/ou d'aiguilles" pas toujours stériles, "de la jeune toxicomane qui se prostitue (pour avoir de quoi acheter sa dose d'héroïne) vers un compagnon lui aussi toxicomane"... En d'autres termes, la contamination peut aussi se faire d'une population marginale, ou perçue comme telle, vers la "population générale". Par exemple: la "prostituée occasionnelle" (celle qui, sans être une "prostituée professionnelle", se prostitue de manière épisodique pour avoir de l'argent de poche) qui contamine son compagnon, dont le profil peut correspondre à celui, ordinaire, de "Monsieur Tout-le-Monde" (ouvrier, employé, jeune chômeur, travailleur saisonnier, célibataire logé dans un foyer...).
Tout compte fait, les profils épidémiologiques à l'œuvre en Russie et en Ukraine sont, non seulement un "modèle d'interactions permanentes et intensifiées entre populations marginal(isé)es", mais également un "modèle d'interactions intermittentes et amplifiées entre populations marginal(isé)es et population générale". En quoi les "épidémies mixtes" se différencient, entre autres critères (1,2) des "épidémies concentrées", profil épidémiologique homogène dont on peut dire qu'il relève, pour l'essentiel, d'une "interaction permanente et intensifiée dans les limites étroites d'une population marginal(isé)e".
Pour le reste, au-delà des limites géographiques de l'ex "empire soviétique", des pays comme la Thaïlande (1,4% de prévalence) et la République Dominicaine (1,1%) décrivent des épidémies dont la dynamique interne est comparable à celles, quasi insolites dans le monde, de la Russie et de l'Ukraine. Point commun entre ces deux pays (l'un du Sud-Est Asiatique et l'autre des Caraïbes) et l'ex "bloc soviétique", la Thaïlande et la République Dominicaine, chacune à sa manière, sont actuellement en phase de mutation plutôt accélérée et de transition parfois... brutale. Autant les mutations et la transition sont à prédominance politique et idéologique en Russie et en Ukraine (passage du communisme à l'ultra-libéralisme et, dans la foulée, passage d'une "économie administrée" à une "économie de marché"), autant les mêmes processus sont surtout de nature économique en Thaïlande et en République Dominicaine. Dans l'un et l'autre cas, nous assistons à une redistribution rapide, si ce n'est vertigineuse, des revenus. Ce qui n'est pas sans conséquences:
- soit défavorables, à l'exemple de la Russie et de l'Ukraine, notamment en termes d'aggravation des disparités et inégalités (en particulier dans l'accès aux services sociaux de base, comme l'éducation et la santé);
- soit favorables, cas de la République Dominicaine, notamment en termes d'opportunités d'investissements, au profit des services sociaux et infrastructures de base, donc, cela va de soi, au profit du niveau de vie des populations...
Synthèse préliminaires et parenthèses nécessaires: quatre exemples-clés de « pays-charnière » ou « pays-limite »…
Premier exemple: les pays à « épidémies concentrées », mais situés à l’extrême limite entre « épidémies concentrées » et « épidémies à prédominance concentrée ». Appartiennent à cette catégorie: la France (0,4% de prévalence), la Suisse (0,4%) et le Portugal (0,4%).
Points communs à ces pays: ils abritent des populations migrantes confrontées à des problèmes d’intégration sociale, notamment en termes d’accès au dépistage et à la prévention du VIH…
A noter que 0,4% n’est qu’une valeur médiane, les pays ci-dessus cités étant, en termes d’estimations hautes, situés en « zone d’épidémie à prédominance concentrée » (0,8% pour la France et la Suisse ), zone dont l’une des particularités est d’inclure des pays multiculturels et/ou multi-ethniques (Etats-Unis et Brésil). Ceci dit, on constatera aussi avec intérêt que le Portugal, 0,9% de prévalence au regard des estimations hautes, se situe à l’extrême limite entre « épidémies à prédominance concentrée » et « épidémies mixtes ».
En somme, principal enseignement à tirer de ce qui précède: un pays comme la France est probablement en train de devenir multiculturel et/ou multi-ethnique, à défaut de l’être déjà, ainsi que semble l’attester la dynamique épidémiologique et démographique du VIH sur son territoire. Soit dit en passant, les mêmes tendances sont actuellement observables en Grande-Bretagne, pays dont les estimations hautes plafonnent, curieuse coïncidence, à… 0,4%.
Deuxième exemple: pays dont les épidémies sont à "prédominance concentrée", mais situés à l'extrême limite entre "épidémies concentrées" et "épidémies à prédominance concentrée". Sont inclus dans ce groupe: les Etats-Unis (0,6% de prévalence), le Brésil (0,5%), l'Ile Maurice (0,6%), Madagascar (0,5%) et la Malaisie (0,5%).
Caractéristiques communes aux pays mentionnés à l'instant: nous avons ici affaire à des environnements multiculturels et/ou multi-ethniques, où cohabitent souvent différentes populations (1)...
On notera cependant, au regard des estimations hautes, que:
- les Etats-Unis (1%) et Madagascar (1,2%) deviennent des pays à "épidémies mixtes", caractéristiques des entités en phase de mutation et de transition (Russie, Ukraine, Thaïlande...);
- la Malaisie (1,5%) et le Brésil (1,6%) deviennent des pays dont l'épidémie est à prédominance généralisée, plus précisément des pays dont le profil épidémiologique se situe aux confins entre "épidémies mixtes" et "épidémies à prédominance généralisée"...
Cas particulier méritant largement, alors très largement, qu'on s'y attarde: les Etats-Unis restent un "pays-charnière" ou "pays-limite", quelles que soient les estimations de prévalence, le tableau ci-dessous faisant figure d'illustration édifiante et probante:
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Prévalence
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Estimation Basse
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Estimation médiane |
Estimation haute |
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Etats-Unis
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0,4% |
0,6% |
1% |
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Implication et signification
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Zone-limite entre « épidémies concentrées » et « épidémies à prédominance concentrée »
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Zone-limite entre « épidémies concentrées » et « épidémies à prédominance concentrée »
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Zone-limite entre « épidémies à prédominance concentrée » et « épidémies mixtes »
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Troisième exemple: pays dont les épidémies sont à "prédominance concentrée", mais situés à l'extrême limite entre "épidémies à prédominance concentrée" et "épidémies mixtes". Correspondent à ce profil: l'Inde (0,9%) et le Sénégal (0,9%).
Toutefois, au regard des estimations hautes, l'inde (1,5%) et le Sénégal (1,5%) deviennent l'un et l'autre des pays dont l'épidémie, à prédominance généralisée, se positionne à l'extrême limite entre "épidémies mixtes" et "épidémies à prédominance généralisée".
A noter par ailleurs, quelles que soient les estimations (basse, médiane et haute), que l'Inde et le Sénégal restent des "pays-charnière" (Tableau VII). Ce qui en fait des cas quasi-uniques dans le monde, aux côtés des Etats-Unis et du Soudan (8).
Tableau VII. Inde et Sénégal: 2 profils épidémiologiques
quasi-identiques et quasi-uniques…
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Prévalence
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Estimation Basse
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Estimation médiane |
Estimation haute |
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Inde
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0,5% |
0,9% |
1,5% |
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Sénégal
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0,4% | ||
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Implication et signification
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Zone-limite entre « épidémies concentrées » et « épidémies à prédominance concentrée »
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Zone-limite entre « épidémies à prédominance concentrée » et « épidémies mixtes »
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Zone-limite entre « épidémies mixtes » et « épidémies à prédominance généralisée »
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Quatrième exemple: pays à "épidémies mixtes", mais aussi à l'extrême limite entre "épidémies mixtes" et "épidémies à prédominance généralisée". Appartiennent à ce groupe: l'Ukraine (1,4%) et la Thaïlande (1,4%). Cependant, l'un et l'autre pays se situent:
- en zone d'épidémies à prédominance concentrée en estimation basse (0,8% de prévalence pour l'Ukraine et 0,7% pour la Thaïlande);
- en zone d'épidémie à prédominance généralisée en estimation haute (4,3% pour l'Ukraine et 2,1% pour la Thaïlande).
A noter que l'Ukraine, cas unique en Europe, se situe, en estimation haute, non seulement dans le groupe des pays dont le profil épidémiologique est à prédominance généralisée, mais également dans le "sous-groupe des épidémies à prédominance généralisée" (3 - 4,9% de prévalence) qui se singularise par des problèmes de... gouvernance (cf. les chapitres qui suivent...).
Epidémies de type généralisé: deux profils épidémiologiques subdivisés en deux profils de gouvernance...
Au risque de jeter un pavé dans la mare du conventionnel, si ce n'est du consensuel, je me permettrai, un rien provocateur, de "bousculer" ce qui semble actuellement tenu pour acquis. Dans le prolongement de ce que j'ai déjà écrit dans les colonnes de la Tribune de Genève, je plaiderai une cause. Plus précisément, je défendrai une idée, dont je suis aujourd'hui convaincu, au regard de certains faits pour le moins édifiants et probants, qu'elle correspond à des réalités et spécificités, au mieux occultées, au pire méconnues, lorsqu'elles ne sont pas tout simplement... tordues, à force d'être (comme) déformées, ou déplacées de leur contexte.
De ce qui précède, inutile de dire qu'une approche alternative s'impose désormais dans notre manière d'aborder les choses et leurs causes. Ainsi, à contre-courant des schémas de représentation habituels, vais-je présenter les "épidémies de type généralisé". Loin d'en faire un "bloc monolithique" - ce "bloc monolithique" qui serait à différencier des "épidémies concentrées" (autre pseudo-bloc monolithique") -, je "fragmenterai" le "bloc" en 2 profils épidémiologiques distincts. Lesquels?
D'une part, les "épidémies à prédominance généralisée", et de l'autre, les "épidémies généralisées" proprement dites. Après quoi, histoire de leur préserver un minimum d'homogénéité et de cohérence, chacun des 2 profils épidémiologiques va être subdivisé en 2 profils de gouvernance. Pourquoi? Elément de réponse: faute d'y inclure le critère discriminant et structurant de gouvernance, les "épidémies de type généralisé" deviennent malencontreusement des "fourre-tout", dans lesquels s'entassent, pêle-mêle, des situations et conditions qui n'ont parfois rien à voir les unes avec les autres. En conséquence de quoi, et il s'agit ici d'une exigence élémentaire de visibilité et de lisibilité, je me garderai d'inclure la Namibie et le Burkina Faso, deux pays, donc deux contextes, différents l'un de l'autre, dans le même profil épidémiologique, fut-il estampillé "généralisé"... Pourtant, aussi troublant que cela puisse paraître, l'un et l'autre pays, j'ai failli dire ces deux contextes différents, sont actuellement classés dans cette "catégorie fourre-tout" imprudemment appelé "épidémies généralisées". Pourtant...
Gros plan sur les "épidémies à prédominance généralisée". Sont classés dans ce groupe des pays dont la prévalence se situe de 1,5 à 4,9% inclus (Tableau VIII). Toutefois, ce groupe ne constitue pas en lui-même un profil homogène au regard des critères: épidémiologiques et démographiques, sociologiques et économiques, politiques et historiques. Ainsi, ici plus qu'ailleurs, c'est la gouvernance, à travers le seuil critique de 3% de prévalence, qui tient lieu de "critère structurant et discriminant".
Brièvement et schématiquement, entre autres éléments distinctifs et comparatifs (1,2), nous avons affaire à une gouvernance en progression constante (8), ainsi qu'à une gouvernance de recomposition caractéristique des pays en mutation - à l'exemple de ceux, majoritairement africains et caribéens, dont la prévalence du VIH se situe de 1,5 à 2,9% inclus (8).
A l'inverse de la situation décrite à l'instant, la gouvernance se révèle plutôt défaillante et/ou en recul dans les pays où la prévalence s'échelonne de 3 à 4,9% inclus.
Tableau VIII. Profils de gouvernance des épidémies à prédominance généralisée.
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Problème de développement |
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Gouvernance de transition et de recomposition |
Insuffisance et incohérence de gouvernance |
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Nigeria (3,9%) Congo-Kinshasa (3,2%) Tchad (3,5%) Burundi (3,3%)
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Politique de santé |
Modèle de développement |
Feux croisés sur les "épidémies généralisées". Font partie de ce groupe les pays dont la prévalence a atteint et/ou franchi le seuil de 5% (Tableau IX). Toutefois, à l'exemple des "épidémies à prédominance généralisée" dont il constitue le prolongement, ce groupe, indépendamment du critère discriminant et structurant de gouvernance, n'est pas en lui-même homogène: c'est pour ainsi dire un "assemblage hétéroclite"... D'où sa subdivision en deux profils de gouvernance.
Pour être globalement défaillantes, les deux gouvernances ici à l'oeuvre ne s'en distinguent pas moins par des critères géographiques, socio-économiques, politiques et historiques. Ainsi, de 5 à 9,9% de prévalence, les pays concernés sont majoritairement localisés en Afrique centrale et en Afrique de l'Est. Détail valant son pesant d'or: leur profil de gouvernance relève certes d'une "défaillance", mais, nuance de taille, il est ici question d'une "défaillance par insuffisance et/ou incohérence de gouvernance". La question de fond ici posée, loin d'être un simple "problème de santé publique", se révèle être un "problème de développement", le dispositif à réajuster étant - cela va de soi - le "modèle de développement" en place...
Pour le reste, ces pays, en plus d'avoir des revenus bas, ont dans l'ensemble des problèmes d'intégration et de cohésion sociales (urbanisation incontrôlée), d'Etat de droit défaillant, d'instabilité politique, si ce n'est de conflits armés. A quoi s'ajoutent des démocraties au mieux balbutiantes, au pire inexistantes...
Changement de décor: une fois atteint ou franchi le seuil de 10% de prévalence, les pays concernés se situent majoritairement, si ce n'est quasi exclusivement, en Afrique australe, région actuellement perçue, par plus d’un spécialiste ou expert, comme étant l'épicentre mondial de l'épidémie du VIH/SIDA.
Comme pour le sous-groupe précédemment décrit (prévalence de 5 à 9,9%), la gouvernance, ici, se singularise par une "défaillance", mais, élément distinctif, il s'agit ici d'une "défaillance par discordance et incohérence de gouvernance". Entre autres particularités méritant qu'on s'y attarde, les pays concernés offrent un paysage contrasté, cumulent des contradictions et autres paradoxes qui s'entrechoquent, ou dont la violence - c'est peu dire - heurte, et pour cause:
- Autant ces pays ont des revenus moyens par habitant significativement supérieurs au reste de l'Afrique sub-saharienne, autant ils sont aussi handicapés par d'importantes disparités et inégalités de revenus;
- Autant l'Afrique australe est globalement confrontée à un "défi au développement", autant le reste de l'Afrique sub-saharienne fait face à un "problème de développement", le dispositif à réajuster dans l'un et l'autre cas étant toutefois - retour à la case départ - le "modèle de développement" en place, dans ses options comme dans ses orientations;
- Autant les pays d'Afrique australe sont dans l'ensemble des "démocraties émergentes" pouvant se prévaloir d'une certaine stabilité politique en rien assimilable au statu quo ni à un quelconque immobilisme, autant - revers de la médaille - ces pays sont aussi pénalisés par une "intégration et cohésion sociales sous extrême tension" (liées pour l'essentiel aux disparités et inégalités mentionnées à l'instant), ainsi qu'en attestent les forts taux de criminalité et de violence sexuelle (viols) en Afrique du Sud, pays pour le moins dangereux (l'un des plus dangereux au monde), et dont on peut dire qu'il s'agit d'un exemple, autant probant que frappant, d'hétérogénéité démographique (8) (cohabitation de populations culturellement différentes) et de stratifications socio-économiques des plus accentuées...
Tableau IX. Profils de gouvernance des épidémies généralisées.
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Afrique du Sud (18,8%) Namibie (19,6%) Swaziland (33,4%=
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Par ses diverses implications et multiples significations, le SIDA, telle une main qui nous est tendue, demeure cette « invitation au soupçon d’autre chose » (1). En prendre conscience, c’est déjà en soi se faire violence. Dans un monde où, inexorablement, exister, c’est apprendre, donc, déjà, être responsable. Au même titre que… vivre, c’est déjà œuvrer à comprendre, donc – cela va de soi – à être libre. Toutefois, la responsabilité et la liberté ici mises en relief n’ont de raison d’être que si, en permanence, elles tiennent lieu de point d’appui à un engagement au profit de la solidarité et de la justice (9).
Concrètement et brièvement... De tout ce qui précède, il se dégage un fait, ainsi résumé: le VIH/SIDA demeure une vitrine au travers de laquelle transparaissent, au point de s'y refléter, des enjeux de nature globale et des défis de dimension mondiale. Ce qui en fait, avec le paludisme, une maladie quasi unique. De ce point de vue, l'épidémie se révèle être:
- un baromètre des pressions sociales et environnementales;
- un thermomètre de la fébrilité politique en temps réel;
- un indicateur de la précarité économique et financière des populations, si ce n'est - tout simplement, de facto - un indicateur économique et financier à part entière;
- un marqueur des plus fiables de l'inefficacité, ou de l'efficacité, des politiques, systèmes et services de santé...
Tout compte fait. Plus qu'une simple maladie, le VIH/SIDA n'est rien d'autre qu'un étalon de mesure: de nos échecs et de nos succès, de nos tergiversations et de nos ambitions, ainsi que de nos compromissions les plus démissionnaires et de nos résolutions - ici réside l'essentiel - les plus... salutaires. Car, aussi, les plus... nécessaires. Aussi ne peut-il que tenir à nous, et à personne d'autre, de ne jamais baisser les bras, histoire de saisir des opportunités souvent maquillées en... difficultés. Dans un monde où, référence et clin d'oeil à Winston CHURCHILL, l'optimisme consiste à saisir une opportunité dans chaque difficulté qui se présente, quand le pessimisme - épidémie parmi les plus dévastatrices et handicapantes - convie, sans plus, à voir de la difficulté dans chaque... opportunité.
Notes et références
1. SIDA: baromètre des pressions socio-économiques et des tensions géopolitiques (Tribune de Genève, 2010).
2. Géopolitique et gouvernance du SIDA: tableaux de bord (Tribune de Genève, 2010).
3. 2006 Report on the global AIDS epidemic (UNAIDS).
4. Patents versus patients? Antiretroviral therapy in India (New England Journal of Medicine, 2005).
5. Pays concernés (cf. UNAIDS 2006 Report): Grande-Bretagne (0,2% de prévalence), Allemagne (0,1%), Danemark (0,2%), Norvège (0,1%)...
6. Pays concernés (cf. UNAIDS 2006 Report): Etats-Unis (0,6% de prévalence), Brésil (0,5%), Inde (0,9%)...
7. United Nations (2006). World populations prospects. New York, United Nations Secretariat, Department of Economic and Social Affairs, Population Division.
8. Cette tranche de prévalence (1,5 - 2,9%) semble constituer un profil homogène:
- à condition, toutefois, que la population du pays censé en faire partie soit homogène (les pays inclus dans cette tranche, dans leur écrasante majorité, remplissent ce critère-clé);
- à l'exception notoire du... Soudan, pays dont le taux de prévalence est certes estimé à 1,6%, mais dont on peut, et doit, dire qu'il s'agit surtout d'une moyenne qui, en réalité, masque d'importantes variations géographiques, le tout sur fond de disparités et d'inégalités socio-économiques dont les déterminants relèvent de la discrimination ethnique (Darfour), ce qui n'est pas sans conséquence sur l'accès aux services sociaux, et notamment au dépistage, à la prévention et aux soins...
Notons par ailleurs - fait plutôt rare pour être souligné - que le Soudan se singularise, non seulement par au moins 3 profils démographiques (au moins 3 populations différentes y cohabitent), mais également par au moins 4 profils épidémiologiques distincts... La mise au point étant faite, on s'empressera de rappeler que le Soudan abrite des populations aussi diverses, culturellement parlant, que:
- celles du Nord, proches de l'Egypte, donc de l'Afrique du Nord (prévalences basses);
celles du Sud, région frontalière de... l'Ouganda, c'est-à-dire à proximité immédiate de l'Afrique de l'Est et de ses taux de prévalence très élevés;
- celles de l'Ouest, autrement dit du... Darfour, région frontalière du... Tchad, pays dont les taux de prévalence se situent entre les 2 cas extrêmes ci-dessus mentionnés;
- celles de Khartoum, capitale qui n'est autre qu'un brassage des différentes populations du pays.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, du moins au premier abord, le Soudan est certes ce qui s'appelle, d'un point de vue juridique, un "Etat indépendant et souverain". Toujours est-il que dans les faits - cette réalité étant observable et vérifiable sur le terrain - le Soudan n'est rien d'autre qu'un "assemblage hétéroclite" de plusieurs pays - probablement (au moins) 3 pays différents, dont chacun, c'est peu dire, a sa population...
Histoire de ne pas se voir opposer un contre-exemple de nature à invalider ce qui précède, une mise au point doit s'imposer au regard de ce qui vient d'être dit à propos du Soudan. De quoi s'agit-il exactement? Nuançons et relativisons le propos: le temps d'ouvrir une parenthèse, on se gardera de confondre "diversité ethnique" et "hétérogénéité ethnique". Concrètement, cela implique que l'homogénéité d'une population n'est pas nécessairement incompatible avec sa diversité ethnique ("lot commun" de la quasi totalité des Etats africains, y compris ceux d'Afrique du Nord...). En d'autres termes, l'hétérogénéité d'une population est, non pas assimilable ni réductible à sa diversité ethnique, mais plutôt liée à cette diversité ethnique sur laquelle se greffent des disparités et inégalités de type socio-économique (revenu moyen par habitant), démographique (ratios de mortalité, espérance de vie à la naissance) ou épidémiologique (prévalence du VIH/SIDA significativement élevée dans un groupe ethnique donné).
Exemple probant et plutôt édifiant, le Mali, pays où la prévalence du VIH est de 1,7%, se caractérise par une diversité ethnique: y cohabitent depuis des siècles des ethnies aussi diverses que les Bambaras, les Dogons, les Peuls, les Touaregs... Toutefois, en quoi le Mali se distingue des Etats-Unis ou du Brésil, cette diversité ethnique ne constitue en rien, et n'a du reste jamais constitué, un obstacle majeur, si ce n'est insurmontable, à l'intégration sociale des uns et des autres. A tel point que la cohérence sociale n'en a jamais souffert. Fermons la parenthèse...
Tout compte fait, retour au Soudan: en raison de sa singularité démographique et de sa complexité épidémiologique, ce pays hors du commun échappe en partie aux grilles de lecture actuellement applicables au VIH/SIDA. D'où la nécessité, dans le cas précis du Soudan, de développer de très puissants outils: de modélisation mathématique, d'analyse statistique, ainsi que de simulation informatique, en temps réel, d'une dynamique, non seulement démographique et épidémiologique, mais également sociologique et économique, des plus insolites...
Affaire à suivre...
9. Enjeux de santé: plate-forme de réflexion sur la justice (Nouvel Observateur, 2010).
10:25 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernance du sida, géopolitique du sida, sida et mondialisation
lundi, 02 août 2010
Géopolitique et gouvernance du SIDA: tableaux de bord
Avant-propos: Il y a des moments dans la vie où la question de savoir si on peut penser autrement qu’on ne pense et percevoir autrement qu’on ne voit est indispensable pour continuer à regarder et à réfléchir (Michel FOUCAULT, philosophe).
Tableau I. Gouvernance et géopolitique du SIDA: synthèse récapitulative des éléments comparatifs et distinctifs.
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Optique
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Gouvernance |
Géopolitique |
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Echelle de perception
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Globale et loco-régionale |
Globale et mondiale |
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Dimensions et approches | - Individualisée et personnalisée - Sanitaire et médicale - Environnementale et socio-culturelle - Ethique et politique | - Scientifique et économique - Commerciale et industrielle - Financière et boursière - Géopolitique et géostratégique |
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Champs d’action et d’intervention |
- Dépistage et prévention - Soins et traitement - Programmes et projets - Citoyenneté (protection et promotion) | - Recherche et développement - Renforcement des capacités (capacity building) et capacités de renforcement (building capacity) - Systèmes d’information - Leadership (sens de l’anticipation et de l’innovation) |
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Enjeux et perspectives[1] | - Santé publique - Sécurité et responsabilité environnementales - Intégration et cohésion sociales - Développement durable et équitable[2] | - Indépendance et souveraineté - Paix et stabilité - Distribution et redistribution des cartes - Progrès à l’échelle planétaire |
Tableau II. Prévalence du VIH/SIDA[3] et profils associés[4].
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Prévalence |
Blocs et profils globalement homogènes
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Pays | ||
| Epidémiologie et démographie | Sociologie et économie | Politique et histoire | ||
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< 0,1% |
- Epidémies concentrées - Population homogène - Mortalité basse - Espérance de vie prolongée | - Sociétés stables et solides, notamment au niveau de la cellule familiale... - Revenu plutôt élevé | - Pays politiquement stables - Alternance souvent démocratique et /ou non-violente |
Japon Corée du Sud |
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0,1 – 0,4% | - Epidémies concentrées - Population plutôt homogène - Existence de minorités (populations migrantes) - Mortalité basse - Espérance de vie prolongée |
- Sociétés stables et solides - Revenu souvent élevé | - Pays plutôt stables politiquement - Alternance majoritairement démocratique et plutôt non-violente |
Allemagne France Grande-Bretagne-Pays-Bas |
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0,5 – 0,9% | - Epidémies à prédominance concentrée - Cohabitation de populations différentes - Existence de minorités (souvent ethniques) - Mortalité basse (avec disparités et inégalités) - Espérance de vie prolongée (avec disparités et inégalités) |
- Sociétés assez stables et plutôt démocratiques - Soit revenus variables en fonction des groupes ethniques, soit disparités géographiques et inégalités régionales (sur le plan économique) |
- Pays politiquement stables et historiquement dynamiques - Alternance politique variablement démocratique et plutôt non-violente |
Etats-Unis Brésil Inde Mauritanie |
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1 – 1,4% | - Epidémies mixtes - Population globalement homogène - Mortalité en hausse - Espérance de vie en baisse | - Sociétés en phase de mutation accélérée et de transition brutale - Aggravation récente des disparités et inégalités des revenus | Pays politiquement et historiquement instables (bouleversements récents) |
Russie Ukraine Birmanie Thaïlande |
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1,5 – 2,9% | - Epidémies à prédominance généralisée - Population assez homogène - Mortalité en baisse - Espérance de vie en hausse | - Sociétés en phase de mutation et de transition souvent contrôlées - Revenus souvent en hausse |
Progrès récents en matière de gouvernance et de démocratie |
Mali Ghana Jamaïque Trinidad |
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3 – 4,9% | - Epidémies à prédominance généralisée - Populations souvent ethniquement hétérogènes - Mortalité élevée - Espérance de vie basse |
- Sociétés instables et fragiles - Revenus bas |
- Problèmes de gouvernance et de démocratie - Instabilité politique et insécurité (conflits armés) |
Nigeria Tchad RDC* Rwanda |
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5 – 9,9% | - Epidémies à prédominance généralisée - Populations assez ethniquement homogènes - Mortalité élevée - Espérance de vie basse |
- Sociétés instables et fragiles - Revenus bas |
- Problèmes de gouvernance et de démocratie - Instabilité politique et insécurité (conflits armés) |
Côte d’Ivoire Congo** Ouganda Kenya |
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10% et plus | - Epidémies à prédominance généralisée - Populations assez ethniquement homogènes - Mortalité élevée - Espérance de vie très basse | - Sociétés en phase de mutation accélérée et de transition brutale - Disparités et inégalités des revenus |
- Progrès récents de gouvernance et de démocratie - Plutôt stables politiquement |
Afrique du Sud Swaziland Botswana Namibie |
* : République Démocratique du Congo (Congo-Kinshasa)
** : Congo-Brazzaville
Tableau III. Tranches de prévalence et profils de gouvernance.
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Tranches de prévalence
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Question et préoccupation de fond
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Options et orientations à réajuster |
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< 0,1%
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Enjeu de santé publique | Stratégies de lutte contre le VIH/SIDA focalisées sur: - des aspects spécifiques (dépistage, prévention et soins) ; - des aspects convergents (maladies sexuellement transmissibles et co-infections) ; - des populations ciblées (populations à risque, populations migrantes, minorités ethniques) ; - l’accès des jeunes à l’information et à la prévention |
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0,1 – 0,4%
| ||
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0,5 – 0,9% |
Défi de santé publique
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1 – 1,4%
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Problème de santé publique
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Politique de santé du pays |
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1,5 – 2,9%
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Enjeu de santé publique
| |
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3 – 4,9%
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Problème de développement |
Modèle de développement du pays |
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5 – 9,9%
| ||
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10% et plus
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Défi au développement
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Tableau IV. SIDA: enjeu de société et de citoyenneté.
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Tranches de prévalence
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Implications et significations globales |
Intégration et cohésion sociales
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Exposition et prédisposition sous-jacentes |
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<0,1%
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Zone sécurisée |
Préservées |
Facteurs de risque (populations marginales) |
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0,1 – 0,4%
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0,5 – 0,9% |
Zone contrastée |
Sous tension | - Facteurs de risque (populations marginales) ; - Facteurs de vulnérabilité ( populations migrantes, minorités ethniques) |
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1 – 1,4%
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Zone critique |
Menacées |
Facteurs de risque et de vulnérabilité (populations marginales) |
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1,5 – 2,9%
| |||
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3 – 4,9%
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Zone dangereuse |
Défaillantes |
Facteurs de vulnérabilité (population générale) |
|
5 – 9,9%
| |||
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10% et plus
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Au total, par ses multiples implications et significations, le VIH/SIDA
1) se révèle être un phénomène global et mondial ;
2) soulève des interrogations qui relèvent autant de l’éthique que de la politique ;
3) correspond à des réalités et spécificités, dont la complexité, la diversité et l’homogénéité se matérialisent en « tranches de prévalence » ;
4) reflète les fluctuations d’un monde en perpétuelle mutation – si ce n’est en ébullition -, et se résume, sans toutefois s’y réduire, à:
- une « bombe démographique et épidémiologique » (l’Inde, soit environ 20% de l’ensemble des personnes vivant avec le VIH à travers le monde) ;
- un « épicentre mondial de l’épidémie » (l’Afrique australe, soit plus de 30% de la totalité des personnes infectées par le virus du SIDA, tous continents confondus) ;
- une « grande inconnue » (la Chine, pays le plus peuplé de la planète, mais dont le profil épidémiologique vis-à-vis du VIH n’est pas encore cerné dans ses principaux contours) ;
- un « enjeu géopolitique et géostratégique » (l’accès au traitement, et notamment le contrôle du marché des antiretroviraux[5]) ;
- A quoi s’ajoutent, incontournables…
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5 Profils épidémiologiques |
6 Profils de gouvernance
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- Epidémies concentrées
- Epidémies à prédominance concentrée
- Epidémies mixtes
- Epidémies à prédominance généralisée
- Epidémies généralisées
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- Enjeu de santé publique
- Défi de santé publique
- Problème de santé publique
- Enjeu de développement
- Problème de développement
- Défi au développement
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4 Seuils critiques de prévalence
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Profils Epidémiologiques
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Profils de gouvernance |
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- Seuil de 0,5%: limite entre « épidémies concentrées » et « épidémies à prédominance concentrée »
- Seuil de 1%: limite entre « épidémies à prédominance concentrée » et « épidémies mixtes »
- Seuil de 1,5%: limite entre « épidémies mixtes » et « épidémies à prédominance généralisée »
- Seuil de 5%: limite entre « épidémies à prédominance généralisée » et « épidémies généralisées »
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- Seuil de 0,5%: limite entre « enjeu de santé publique » et « défi de santé publique »
- Seuil de 1%: limite entre « défi de santé publique » et « problème de santé publique »
- Seuil de 1,5%: limite entre « problème de santé publique » et « enjeu de développement »
- Seuil de 3%: limite entre « enjeu de développement » et « problème de développement » |
A tous ceux qui sont infectés et/ou affectés par le VIH, je me permets, plus déterminé et résolu que jamais, de transmettre un message d’espoir, ainsi libellé: Emerge aussi ce qui peut sauver lorsque les périls montent. Car c’est quand le danger est le plus grand que le salut est aussi le plus proche (Friedrich HÖLDERLIN, poète).
GLOSSAIRE
Géopolitique: distribution géographique, tant à l’échelle globale que locale, des rapports de force politiques.
Géostratégie: répercussions et implications globales de la distribution géographique des rapports de force politiques.
Gouvernance: mode de gestion des ressources et des infrastructures, à quoi s'ajoute, incontournable, le mode de distribution et de redistribution des revenus, les entités les plus concernées - tant par les exigences (transparence) que par les défaillances (incohérences et/ou insuffisances) de gouvernance - étant les Etats, les administrations, les entreprises, ainsi que les institutions internationales et les organisations non gouvernementales (ONG).
Prévalence du VIH: proportion des personnes vivant avec le virus du SIDA, au sein de la population d’un pays donné.
[1]. Susan SONTAG, AIDS and its metaphors. New York, NY, Farrar, Straus & Giroux, 1988.
[2]. Amartya SEN, Development as freedom. Oxford University Press, 1999.
[3]. 2006 Report on the global AIDS epidemic (UNAIDS).
[4]. Michel ODIKA, SIDA: baromètre des pressions socio-économiques et des tensions géopolitiques (Tribune de Genève, 2010).
[5]. Patents versus patients? Antiretroviral therapy in India (New England Journal of Medicine).
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mercredi, 21 juillet 2010
SIDA: baromètre des pressions socio-économiques et des tensions géopolitiques
Le plus beau point de vue est à mi-pente (Friedrich NIETZSCHE, philosophe).
Ouvertures. Tout d’abord: Ne donne ni sommeil à tes yeux, ni assoupissement à tes paupières (Proverbes 6:4). De même: Ne te félicite pas du lendemain, car tu ne sais pas ce qu’un jour peut enfanter (Proverbes 27:1). Pour le reste: Celui qui creuse une fosse y tombera (Ecclésiaste 10:8).
Préludes. Cultiver le sens exercé au discernement des choses et de leurs causes profondes. Voici en substance ce à quoi convie la cartographie globale et mondiale du SIDA. A quoi s’ajoute, inéluctable, la nécessité de se nourrir en permanence du « soupçon d’autre chose », ce coup d’éponge et de balai en réponse à l’ordre poussiéreux des choses. Pour ainsi dire, dépoussiérons les lieux communs préjudiciables à la prise en charge, censée être optimale, du SIDA. Quand bien même grand serait le risque d’accéder, « malencontreusement », à des « zones réservées ». Si ce n’est à des zones jusqu’alors interdites…
Feux croisés sur de troublantes coïncidences et convergences...
A ce jour, plus précisément depuis 1981[1], beaucoup a été dit et entendu à propos du SIDA. Le propos de cet article n'étant pas de répéter ce qui a déjà été (trop) souvent écrit et lu, je vais m'appesantir sur quelques aspects pour le moins insolites, car rarement évoqués en dehors de quelques cercles quasi confidentiels, ou cénacles souvent relégués aux franges de la marginalité. Si ce n'est aux confins, soit de la "subversion spéculative", soit de la "spéculation subversive"...
Les aspects épinglés à l'instant ont ceci de troublant et d'intrigant qu'ils se révèlent être quelque peu iconoclastes pour les uns, et plutôt dérangeants pour les autres. Qu'importe, et pour cause: quelles que soient la dimension iconoclaste et la "nature" dérangeante des faits à aborder sous un angle autre, nous aurons toujours affaire à des données qui, initialement éparses, deviennent constructives, et donc instructives - voire tout simplement stratégiques -, une fois passées au crible, non seulement de l'analyse et de la réflexion, mais également au crible de la mise en perspective et d'un questionnement à toute épreuve...
Oui, les données à traquer, en apparence "inertes" et "muettes", n'en sont pas moins - excusez du peu - des "êtres à part entière". En quoi ces données se singularisent par leur capacité à... parler. En quoi, ainsi, elles sont aussi en mesure de nous... "donner" des éléments de réponse, pour peu que l'on se donne la peine de les questionner, et si possible de la manière la plus pertinente... possible...
Loin de prendre appui sur des jugements de valeur (je m'en suis toujours méfié[2]) et des opinions personnelles (fussent-elles les miennes), les lignes qui vont suivre se basent sur un document dans ce qu'il y a de plus officiel et institutionnel: j'ai failli dire une "voix autorisée"... Autant dire donc que, ici, seuls compteront les faits et la réalité, indépendamment des considérations politiques et des spéculations idéologiques des uns et des autres. La mise au point étant faite, je m'empresse de préciser, sans détours inutiles, que la source des précieuses informations n'est autre qu'un rapport émanant d'une autorité de premier plan appelée ONUSIDA[3].
Pourquoi ai-je donc jeté mon dévolu sur un rapport estampillé "ONUSIDA"? Elément de réponse: loin d'être arbitraire et aléatoire, le choix arrêté prend un cachet tout particulier, dès lors qu'il s'agit d'un rapport publié 25 ans, soit un quart de siècle, après la description des premiers cas de SIDA. Tout compte fait, le document tenant lieu de source d'information a aussi, si ce n'est davantage, valeur d'inventaire et de tour d'horizon...
Avec l'obstination d'un rat affamé - excusez-moi de ne pas avoir trouvé une autre image -, je me suis comme acharné, donnant parfois l'impression d'en faire comme une... fixation, sur des "taux de prévalence[4]", allant jusqu'à "m'amuser" à découper ces taux, histoire d'en extraire des "tranches de prévalence", (tel a été mon souhait dès le départ) susceptibles de satisfaire mon appétit pour le moins vorace d'en savoir un peu plus sur le SIDA. Après coup, aussi surprenant que cela puisse paraître au premier abord, j'ai commencé à réaliser, quelque peu stupéfait, que les 8 "tranches" désormais à ma disposition, tranches entre-temps découpées au scalpel de l'obstination, correspondent de facto à 8... "blocs homogènes". Précision de taille, ou détail valant son pesant d'or: les 8 blocs ainsi isolés semblent révélateurs d'une homogénéité, non seulement socio-économique, mais également politique, voire géopolitique et géostratégique, ainsi que géographique et même historique. Ceci dit, on ne peut qu'être intrigué de constater - tellement ces pays partagent beaucoup en commun - que, perçus à travers la vitrine du SIDA, des pays comme la Russie et l'Ukraine appartiennent au même bloc. Ainsi que, pêle-mêle: les Etats-Unis et le Brésil, l'Inde et la Malaisie, la Jamaïque et Trinidad, le Mali et le Bénin, le Burkina Faso et le Ghana, le Botswana et le Swaziland... Inutile d'étoffer davantage la liste, tellement les coïncidences et convergences sont nombreuses, et plutôt troublantes...
Quand bien même certains pays n'ont en apparence rien à voir les uns avec les autres d'un point de vue géographique et historique, certaines caractéristiques communes tendent à les rapprocher. Ainsi des pays aussi divers que: la Colombie (prévalence de 0,6%) et la Mauritanie (0,7%), la Moldavie (1,1%) et la Thaïlande (1,4%). Par ailleurs, les blocs mis en évidence ont ceci de commun que, faute d'inclure "des pays semblables", ils rassemblent "des groupes de pays semblables". En somme, les blocs à décrypter regroupent, soit des "quasi-identités", soit des "entités". A méditer...
Fait pour le moins troublant, on notera avec attention et intérêt que l'un des blocs - celui dans lequel figurent les Etats-Unis, l'Inde et le Brésil (voir Tableau II) - revêt une importance capitale sur les plans géopolitique et géostratégique. Affirmation gratuite? Réponse: pas le moins du monde, et pour cause...
D'une part: d'un point de vue épidémiologique, les Etats-Unis, l'Inde et le Brésil représentent entre 20 et 25% des patients de la planète vivant avec le VIH. Alors que, cette fois-ci d'un point de vue démographique, les mêmes pays constituent aussi... entre 20 et 25% de la population mondiale.
D'autre part: sur les plans géopolitique et géostratégique, le même "troisième bloc" est (comme par hasard) celui dans lequel "se débattent" les pays qui affirment, alors de la manière la plus agressive et audacieuse qui soit, leurs ambitions et prétentions, sinon à contrôler le marché des antiretroviraux, du moins à s'y faire une place: les Etats-Unis et leurs prestigieux laboratoires pharmaceutiques (tous cotés en bourse) en contrôlant l'essentiel de la recherche et du développement, l'Inde et le Brésil en "grignotant" des parts de marché dans la fabrication, stratégique, des génériques. D'ores et déjà, nous pouvons affirmer exactement ceci: la bataille, dont nous sommes déjà gratifiés de quelques prémices en cette année 2010, s'annonce rude, alors très rude...
Affaire à suivre...
Arrêt sur images...
Tableau I. Tranches de prévalence: premier et deuxième blocs.
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Prévalence
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< 0,1% |
0,1 – 0,4% |
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Caractéristiques communes | - Sociétés stables et solides - Revenu moyen par habitant souvent élevé - Population plutôt homogène | - Sociétés assez stables et plutôt solides - Revenu moyen par habitant plutôt élevé - Existence d’importantes minorités marginalisées (populations migrantes...) |
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Pays concernés | Extrême-Orient Corée du Sud Japon | Europe de l’Ouest Allemagne (0,1%) France (0,4%) Grande-Bretagne (0,2%) Pays-Bas (0,2%) |
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Profil épidémiologique
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Epidémies concentrées
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Tableau II. Tranches de prévalence: troisième et quatrième blocs.
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Prévalence
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0,5 – 0,9% |
1 – 1,4% |
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Caractéristiques communes | - Sociétés assez stables, plutôt solides et dynamiques - Revenu moyen par habitant variable - Cohabitation de différentes populations - Marginalisation d’importantes minorités, souvent ethniques... | Sociétés en phase de mutation accélérée et de transition brutale (Effondrement de l’Union Soviétique) |
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Pays concernés | Amérique Etats-Unis (0,6%) Brésil (0,5%) Pérou (0,6%) Colombie (0,6%)
Afrique Mauritanie (0,7%) Madagascar (0,5%) Ile Maurice (0,6%)
Asie Inde (0,9%) Malaisie (0,5%) | Europe de l’Est Russie (1,1%) Ukraine (1,4%) Estonie (1,3%) Moldavie (1,1%) |
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Profil épidémiologique
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Epidémies à prédominance concentrée
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Epidémies mixtes |
Tableau III. Tranches de prévalence: cinquième et sixième blocs.
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Prévalence
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1,5 – 2,9% |
3 – 4,9% |
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Caractéristiques communes | Pays : - à revenu bas ou moyen - ayant fait des progrès de gouvernance et/ou de démocratie | Pays : - à revenu bas - enlisés dans des problèmes de gouvernance et/ou de démocratie - dont la population est souvent ethniquement hétérogène |
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Pays concernés | Afrique Mali (1,7%) Bénin (1,8%) Ghana (2,3%) Burkina Faso (2%)
Caraïbes Jamaïque (1,5%) Trinidad (2,6%) | Afrique Nigeria (3,9%) Congo-Kinshasa (3,2%) Rwanda (3,1%) Burundi (3,3%)
Caraïbes Haïti (3,8 %) |
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Profil épidémiologique
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Epidémies à prédominance généralisée
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Tableau IV. Tranches de prévalence: septième et huitième blocs.
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Prévalence
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5 – 9,9% |
10% et plus |
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Caractéristiques communes | Pays : - à revenu bas - enlisés dans des problèmes de gouvernance et/ou de démocratie - en proie à l’instabilité politique et à l’insécurité (conflits armés) | Pays : - dont les sociétés sont en phase de mutation accélérée et de transition brutale (fin de l'apartheid) - à revenu moyen par habitant plutôt élevé (pour des pays africains) - handicapés par des disparités et inégalités de revenus (héritage de l'apartheid) - caractérisés par une répartition peu équitable des ressources (héritage de l'apartheid) |
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Pays concernés | Afrique de l’Ouest Côte d’Ivoire (7,1%)
Afrique de l’Est Ouganda (6,7%)
Afrique centrale Congo-Brazzaville (5,3%) | Afrique australe Afrique du Sud (18,8%) Swaziland (33,4%) Botswana (24,1%) Lesotho (23,2%) Zimbabwe (20,1%)
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Profil épidémiologique
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Epidémies généralisées
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Au total, deux enseignements majeurs peuvent être tirés de ce qui précède.
Premier enseignement. Au regard des indicateurs socio-économiques (revenu moyen par habitant, taux de croissance économique), toutes les tranches de prévalence du VIH/SIDA sont intéressantes et instructives. Par contre, au regard des aspects géopolitiques et des enjeux géostratégiques, tel que le contrôle du très lucratif marché des antiretroviraux, les pays méritant une attention particulière et un intérêt soutenu sont ceux - à l'image des Etats-Unis, du Brésil et de l'Inde - qui se situent dans la tranche de prévalence de 0,5 à ,9%, tranche dont on peut dire qu'il s'agit d'une zone d'ombre ou zone grise du VIH/SIDA. Au même titre que la tranche de 1 à 1,4% se révèle être une zone de transition ou zone critique, au sein de laquelle s'entassent des pays dont le profil épidémique n'est plus tout à fait concentré, mais pas encore tout à fait généralisé: en bref, des cas probants, croissants à l'échelle mondiale, d'épidémies mixtes...
Deuxième enseignement. A une échelle locale, le SIDA, maladie la plus politisée et médiatisée de l'histoire, s'impose, année après année, comme cette vitrine autant troublante que transparente des réalités, spécificités, déséquilibres et autres dysfonctionnements, susceptibles de caractériser un pays donné. En quoi, retour à la case départ, la maladie se révèle être, autant le rappeler quitte à le marteler, un reflet des enjeux géostratégiques et des rapports de force géopolitiques qui se dessinent, sous nos yeux, à une échelle planétaire, le tout sous l'impulsion: d'une mondialisation au pas de charge des économies, d'une globalisation accélérée des échanges, ainsi que d'une urbanisation croissante de nos sociétés.
Comme quoi, le SIDA figure, avec la tuberculose et le paludisme, parmi les rares maladies permettant d'accéder à des pans entiers, et parfois insoupçonnés, de la sociologie, de l'économie et de l'histoire d'un pays...
[1]. Année de la description des premiers cas de SIDA.
[3]. 2006 Report on the global AIDS epidemic (a UNAIDS 10th anniversary special edition).
[4]. Proportion des personnes porteuses du VIH, au sein de la population d’un pays donné.
18:29 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : géopolitique du sida, gouvernance du sida
jeudi, 15 juillet 2010
PALUDUSME: dramaturgie médicale d’une tragédie environnementale
Regards croisés sur le paludisme (La Libre Belgique, copyright 2010)
Pourquoi pas un Observatoire du Paludisme ? (Diapositives)
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Observatoire du Paludisme
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Echelles de perception |
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Fait & Réalité (Anticipation) |
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Plate-forme de mise en perspective
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Plate-forme d’analyse et d’expertise
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Idée & Concept (Point d’appui) | |
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Plate-forme évolutive et interactive
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Plate-forme de réflexion et d’action
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Fait & Réalité (Projection) | |
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Plate-forme en appui à des réformes
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Aperçu global |
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Idéal réaliste |
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Aperçu mondial |
Acclimatation régionale à l’agenda international du développement
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Idéal réalisable |
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Projet en phase avec les Objectifs de Développement du Millénaire (New York, Septembre 2000)
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Au total…
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- Initiative citoyenne à concrétiser en directive politique - Alternative de prise en charge à inscrire dans une perspective d’économies d’échelle - Pari à faire - Carte à jouer...
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16:20 Publié dans Développement durable, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paludisme, gouvernance du paludisme, observatoire du paludisme
mercredi, 16 juin 2010
FAUX MEDICAMENTS: faux problème en mal de vraies solutions
Cas spécifique des agglomérations africaines...
Fléau des temps modernes et conséquence de la mondialisation, le très lucratif trafic des médicaments de contrefaçon demeure un sujet d'actualité. Toutefois, le propos de ce bref article se limitera au cas édifiant, et parfois terrifiant, de l'Afrique sub-saharienne - que je connais le mieux -, l'essentiel de l'attention étant porté sur le Congo-Brazzaville, pays d'où je suis originaire, et auquel j'ai récemment consacré une publication[1].
Que les lecteurs se rassurent: mon choix, en apparence "restrictif et sélectif", n'a en réalité rien d'arbitraire ni de gratuit, et encore moins de fortuit. Pourquoi donc? Elément de réponse: au regard des "médicaments de la rue", Brazzaville n'est en rien un cas isolé en Afrique. Preuves à l'appui, cette localité, véritable observatoire et laboratoire des maux qui rongent l'Afrique contemporaine, tient lieu de vitrine à travers laquelle on peut "contempler" ce qui se passe dans le continent. Oui, ailleurs, à commencer par sa « sœur jumelle », Kinshasa, capitale de "l'autre Congo", située de l'autre côté du fleuve éponyme...
Tout compte fait, qu'il s'agisse de Brazzaville, de Kinshasa, ou de n'importe quelle mégalopole africaine, nous avons au départ affaire aux mêmes vulnérabilités environnementales et, à l'arrivée, au même profil sanitaire, ainsi qu'aux mêmes mécanismes de compensation et d'adaptation à des mutations et fluctuations, dont les méfaits sont aggravés par des problèmes de Gouvernance. Continuons...
Au risque de surprendre, si ce n'est de choquer (tel n'est pas mon but), je me permettrai d'affirmer que les faux médicaments en Afrique, et notamment à Brazzaville, ne sont pas un problème en tant que tel. A contre-courant des lieux communs, nuançons d'emblée le propos en disant qu'il s'agit surtout d'un "problème de façade et de surface". Nuançons davantage le propos en ajoutant que derrière le "problème de façade et de surface", image troublante d'une réalité non moins troublante, se profile la réalité, c'est-à-dire: les problèmes de fond, les uns sous-jacents, les autres en suspens...
Principal enseignement à tirer de ce qui précède: ce que l'on appelle communément les faux médicaments, ne constitue pas en eux-mêmes un problème, et encore moins le problème, mais plutôt le "simple" reflet d'un problème. Par contre, quoique n'étant pas un problème en eux-mêmes, les faux médicaments n'en restent pas moins, et ici réside la gravité inhérente à la question, de nature à soulever des problèmes de fond, autant d'enjeux et défis qui, dans le cas de l'Afrique, ont pour noms: hygiène et assainissement, dépistage, prévention, soins de qualité.
En somme, seule la perception du phénomène, souvent mal cerné dans ses contours, fait problème. En conséquence de quoi, les médicaments de contrefaçon, en vente libre dans les rues et ruelles de Brazzaville, se révèlent être: un baromètre des pressions environnementales, un thermomètre de la fébrilité sociale[2], un marqueur de la précarité économique et financière des populations. Mais aussi, cela va de soi, un marqueur de l'inefficacité des politiques de santé, les problèmes de Gouvernance faisant office - et ici réside la complexité de la situation - d'amplificateur d'un révélateur de problème subtilement maquillé en problème. Ce qui contribue souvent, malheureusement, à déplacer les problèmes, en l'occurrence les vrais problèmes, autrement dit les problèmes en mal de solutions...
[2]. Ne combattons pas la fièvre en cassant le thermomètre (voir à ce propos Médicaments de la rue: comment remédier à l’épidémie?).
16:47 Publié dans Commerce, Développement durable, Economie, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médicaments, faux médicaments, contrefaçon, trafic, contrebande, marché noir







